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Couverture lestée et insomnie : l'essai randomisé du Karolinska

C'est l'étude la plus solide dont nous disposons aujourd'hui sur les couvertures lestées et le sommeil. Elle a été menée à Stockholm, publiée en septembre 2020 dans le Journal of Clinical Sleep Medicine, et elle a une particularité rare dans ce domaine : elle a comparé une vraie couverture lestée à une fausse.

Qui l'a menée

Trois chercheurs, Bodil Ekholm, Stefan Spulber et Mats Adler, rattachés à la clinique des troubles de l'humeur de l'hôpital universitaire Karolinska Huddinge et au Karolinska Institutet, à Stockholm. L'essai est enregistré auprès de ClinicalTrials.gov sous la référence NCT03546036.

Comment elle a été conduite

120 patients ont été répartis au hasard en deux groupes, moitié moitié. Le premier a dormi quatre semaines avec une couverture lestée à chaînes métalliques. Le second avec une couverture d'apparence identique, mais à chaînes de plastique, donc légère.

Ce détail compte plus qu'il n'y paraît. Sans ce groupe témoin, impossible de distinguer l'effet du poids de celui de la nouveauté ou de la simple attention portée au sommeil.

Tous les participants souffraient d'insomnie associée à un trouble psychiatrique : dépression majeure, trouble bipolaire, trouble anxieux généralisé ou trouble de l'attention. La mesure principale était l'indice de sévérité de l'insomnie. S'y ajoutaient des journaux de sommeil, des échelles de fatigue et d'anxiété, et un capteur de mouvement porté au poignet pour mesurer objectivement les nuits et l'activité de la journée.

Ce qu'elle a montré

Au bout de quatre semaines, le groupe à couverture lestée obtenait un résultat significativement meilleur sur l'indice de sévérité de l'insomnie, avec un écart de grande ampleur par rapport au groupe témoin.

Les auteurs rapportent également un meilleur maintien du sommeil, autrement dit moins de réveils au cours de la nuit, un niveau d'activité plus élevé dans la journée, et une baisse des symptômes de fatigue, de dépression et d'anxiété diurnes. Aucun effet indésirable grave n'a été observé.

L'étude s'est prolongée par une phase de suivi ouverte de douze mois. Les participants qui ont continué à utiliser la couverture lestée ont conservé le bénéfice. Ceux qui sont passés de la couverture légère à la couverture lestée ont obtenu à leur tour une amélioration comparable.

Ce qu'elle ne dit pas

Nous préférons le préciser nous-mêmes. Les participants étaient tous suivis pour un trouble psychiatrique. Rien ne permet de transposer mécaniquement ces résultats à une personne sans diagnostic qui dort mal de temps en temps.

La couverture testée était par ailleurs un modèle à chaînes métalliques, différent des couvertures à billes de verre que nous distribuons, même si le principe du poids réparti sur le corps est le même.

Enfin, une couverture lestée reste un accessoire de confort et non un dispositif médical. Elle ne remplace ni un traitement ni l'avis d'un professionnel. Si vous souffrez d'un trouble du sommeil installé, parlez-en d'abord à votre médecin.

Ce que ça change pour nous

Cette étude est la raison pour laquelle nous parlons de sensation de calme et d'endormissement facilité, plutôt que de promesses de guérison. Elle documente un effet réel et mesuré, sur une population précise. C'est déjà beaucoup, et c'est plus honnête que l'essentiel de ce qui se dit sur le sujet.

Lire l'article original

Cliquez pour voir l'article complet sur PubMed

Ekholm B, Spulber S, Adler M. A randomized controlled study of weighted chain blankets for insomnia in psychiatric disorders. Journal of Clinical Sleep Medicine, 2020, volume 16, numéro 9, pages 1567 à 1577.

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