Couverture lestée et mélatonine : ce qu'a mesuré l'université d'Uppsala
Voici une étude qui ne demande pas aux participants ce qu'ils ressentent, mais qui va mesurer une hormone dans leur salive. Publiée dans le Journal of Sleep Research en 2023, elle a été menée à l'université d'Uppsala, en Suède.
La question posée
On attribue souvent l'effet des couvertures lestées à la libération d'hormones comme la mélatonine ou l'ocytocine. Le problème, notaient les auteurs, c'est que cette explication circulait sans avoir jamais été vérifiée expérimentalement. Ils ont donc décidé de la tester.
Comment
26 adultes jeunes et en bonne santé, 15 hommes et 11 femmes, ont passé des nuits en laboratoire. Chaque participant a dormi dans les deux conditions, ce qui permet de comparer chacun à lui-même : une nuit avec une couverture pesant environ 12 % de son poids corporel, une autre avec une couverture légère d'environ 2,4 %.
Les chercheurs ont prélevé de la salive pour y doser la mélatonine, l'ocytocine et le cortisol, l'hormone du stress. Ils ont aussi mesuré l'alpha-amylase salivaire, un marqueur de l'activité du système nerveux sympathique, ainsi que la somnolence ressentie et la durée de sommeil.
Le résultat
Entre 22 heures et l'extinction des lumières à 23 heures, la montée de mélatonine était environ 32 % plus importante avec la couverture lestée qu'avec la couverture légère. C'est la première fois qu'un tel effet était observé.
Ce qui n'a pas été trouvé
Et c'est au moins aussi important. Aucune autre différence significative n'est ressortie. Ni sur l'ocytocine, ni sur le cortisol, ni sur la somnolence ressentie par les participants, ni sur la durée totale de sommeil.
Les auteurs eux-mêmes restent prudents. Ils écrivent qu'il reste à déterminer si cette hausse de mélatonine a une pertinence thérapeutique réelle, et si elle se maintient lorsque la couverture est utilisée chaque nuit pendant des semaines ou des mois.
Signalons aussi, par souci de transparence, que l'un des auteurs est affilié à une entreprise suédoise qui fabrique des couvertures lestées. C'est courant dans ce domaine de recherche, et cela n'invalide pas les mesures, mais cela mérite d'être su.
Ce que nous en retenons
Un point de mécanisme, pas une promesse de résultat. L'étude suggère que le poids agit sur quelque chose de mesurable au moment du coucher. Elle ne dit pas que vous dormirez plus longtemps, et elle le dit clairement.
C'est aussi de là que vient la règle des 10 % du poids du corps que nous utilisons pour vous conseiller : la fourchette testée ici, 12 %, en est très proche.
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Meth EMS, Brandão LEM, van Egmond LT et coll. A weighted blanket increases pre-sleep salivary concentrations of melatonin in young, healthy adults. Journal of Sleep Research, 2023, volume 32, numéro 2.





